Un automne chaud en perspective

 « Gaz de schiste, pétrole, Plan Nord, Loi sur les mines, l’automne s’annonce très chaud au Québec. Il est temps que les Québécois se lèvent et exigent de leurs élus de reprendre le plein contrôle et les pleins bénéfices de nos ressources naturelles et énergétiques, et ce, sans sacrifier au passage la population, l’environnement et les générations futures », voilà essentiellement le message que lancent une vingtaine d’organismes provenant des quatre coins du Québec qui participaient hier à la 2e rencontre annuelle de la coalition Québec meilleure mine !

« Le Québec doit cesser de se faire vider de ses ressources pour une bouchée de pain. Plutôt que de se pavoiser en Europe et de faire des courbettes devant les capitaux étrangers, le Premier Ministre Jean Charest devrait avoir le courage de réaligner le Québec vers le plein contrôle et les pleins bénéfices de l’exploitation de ses propres ressources naturelles », insiste Ugo Lapointe de Québec meilleure mine !

« Le plein contrôle passe par la possibilité de poser des choix stratégiques comme de prioriser l’exploitation de ressources à moindres impacts. Ça passe aussi par une augmentation substantielle des redevances, la prise de contrôle de l’État dans certaines entreprises et l’optimisation de la deuxième et troisième transformations partout où c’est possible. Enfin, c’est d’être en mesure d’assurer une protection accrue des droits des citoyens, des collectivités et de l’environnement », explique Pierre Jobin de la Central des syndicats du Québec (CSQ), une grande centrale syndicale qui s’est jointe en 2011 à la coalition Québec meilleure mine !

« Si le Premier Ministre Jean Charest ne sait pas comment débuter ces grands et nécessaires changements dans la façon d’exploiter nos ressources naturelles, nul doute que les Québécois se feront un grand plaisir de lui suggérer quelques idées dans les mois à venir », lance Henri Jacob de l’Action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue.

Réformer la désuète Loi sur les mines : une priorité

Toute réforme du secteur des ressources naturelles au Québec doit nécessairement passer par la refonte complète de la vieille Loi sur les mines, laquelle consacre des pouvoirs inacceptables à l’industrie pour concernant l’accès au territoire et aux ressources du Québec. « Avec le fameux principe du « free mining », le Québec est littéralement un bar ouvert pour l’industrie. C’est une situation complètement inacceptable pour l’environnement et les autres utilisations possibles du territoire », dénonce Ramsey Hart de MiningWatch Canada.

Projet de loi 14 : encore loin du compte

« L’actuel projet de loi 14 sur les mines ne corrige en rien le problème de la préséance de la Loi sur les mines sur la vaste majorité du territoire québécois. Les nouveaux pouvoirs de dire « non » qu’on souhaite donner aux municipalités ne pourraient s’appliquer qu’à 1 % du territoire québécois. Le projet de loi 14 ne dit rien non plus sur un nouveau régime de redevances que tous réclament. Autrement dit, le projet de loi 14 maintient, à quelques exceptions près, le régime de privilèges dont bénéficie l’industrie depuis des décennies. C’est un non sens et on doit faire beaucoup mieux », insiste Ugo Lapointe.

Outre la Loi sur les mines et l’enjeu du contrôle des ressources naturelles au Québec, le Plan Nord et l’exploitation éventuelle d’uranium, d’amiante et de grandes mines à ciel ouvert à faibles teneurs continueront à préoccuper les membres de Québec meilleure mine ! au cours des mois à venir. Québec meilleure mine ! présentera d’ailleurs un mémoire dans le cadre des consultations publiques sur le projet de loi 14, du 23 au 25 août prochains à l’Assemblée nationale du Québec.

 

 


 

 

Pour information :

  • Ugo Lapointe, Québec meilleure mine ! 514-708-0134
  • Marjolaine Perreault, Centrale des syndicats du Québec, 514.235.5082
  • Henri Jacob, Action boréale Abitibi-Témiscamingue, 819-860-1655
  • Ramsey Hart, MiningWatch Canada, 613-614-9937

 

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! (www.quebecmeilleuremine.org) a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une vingtaine d’organismes représentant plusieurs dizaines de milliers de membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

 

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) ▪ Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ▪ Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) ▪ Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ▪ Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement (Chaire ERE-UQAM) ▪ Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ▪ Coalition Stop Uranium de Baie-des-chaleurs ▪ Conseil central de la CSN de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Ungava ▪ Comité vigilance Malartic (projet minier Osisko) ▪ Écojustice ▪ Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM ▪ MiningWatch Canada ▪ Mouvement Vert Mauricie ▪ Nature Québec ▪ Professionnels de la santé pour la survie mondiale ▪ Regroupement pour la surveillance du nucléaire ▪ Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ▪ Sept-Îles sans uranium ▪ Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ▪ Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec) ▪ Tous nouveaux membres sont les bienvenus.